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« Si on rejoue dix fois Poznan, on se qualifie dix fois »

2 juin 2021
par  François Garitte
( Le virus du sport , Presse écrite )

Nicolas Penneteau, qui a quitté le Sporting, a plongé dans ses souvenirs zébrés.

Le 28 mai, Nicolas Penneteau a tourné une page longue de sept années. Le gardien corse, en fin de contrat à Charleroi où il a joué 230 rencontres, a décidé de relever un nouveau défi du côté de Reims à l’âge de 40 ans. Au milieu de ses vacances, la légende zébrée a accepté de revenir sur six moments forts de sa carrière en noir et blanc. Souvenirs.

Sa signature au Sporting

Durant l’été 2014, Charleroi décide de faire signer Nicolas Penneteau, qui vient de terminer la saison du côté de Valenciennes. Le Français arrive dans la peau d’un numéro 2, derrière Parfait Mandanda. “J’ai encore en mémoire le discours très positif que Mehdi Bayat m’avait tenu, se souvient Penneteau. Il m’avait expliqué qu’il était très ambitieux avec son club malgré la position de Charleroi au classement (Ndlr  : le club avait terminé la phase classique de 2013-2014 à la douzième place). Je lui avais dit que ces histoires de classement ne me faisaient pas peur et que je voulais surtout reprendre du plaisir. Quand je suis allé visiter le stade, j’ai aussi eu un bon ressenti. J’ai ensuite eu une discussion avec le coach Mazzù et même si je n’avais aucune garantie de jouer, le discours m’a plu. Finalement, tout ce que Mehdi m’avait expliqué à l’époque est arrivé. Il avait tout prédit (sourire).”

Son premier match avec Charleroi

Cette saison-là, Charleroi débute très mal sa saison avec un bilan d’un point sur douze et surtout neuf buts encaissés lors des quatre premiers matchs. Dès la cinquième journée de championnat, Felice Mazzù décide de remplacer Parfait Mandanda par Nicolas Penneteau. “Je me rappelle qu’il s’agissait d’un déplacement au Lierse. Le match avait lieu dans un petit stade sympa, l’ambiance était belle. J’étais titularisé pour redonner confiance à l’équilibre défensif en difficulté depuis le début de la saison. Nous avions eu de la réussite lors de la rencontre et nous avions finalement gagné (0-2). Je savais qu’il s’agissait d’un moment difficile pour Parfait. J’ai essayé d’être le plus respectueux possible envers lui. Nous avons toujours eu un grand respect l’un envers l’autre et nous avons appris à nous connaître au fil des années.”

Sa première expérience européenne

Au bout de la saison 2014-2015, Charleroi réussit à arracher son ticket européen à la suite d’une qualification en PO1 suivie d’une double confrontation face à Malines. “Globalement, cette saison est un souvenir incroyable, admet Penneteau. Je me rappelle du match nul que nous forçons face à Lokeren et qui nous permet de décrocher la première qualification en PO1 du club. Puis, il y a ce double match face aux Malinois… La qualification européenne couronnait la belle saison qu’on venait de faire. Nous avions marqué les esprits et nous avons permis au club de grandir. L’objectif de Mehdi Bayat était de redonner du bonheur au peuple carolo et de donner une image plus positive du Sporting. C’était une belle étape pour y parvenir.”

Dans la foulée, Charleroi rencontre le Beitar Jérusalem puis Zorya Luhansk en préliminaires de l’Europa League. “Nous avons vraiment profité de cette épopée européenne même si elle a été arrêtée suite à l’élimination face à Luhansk. Nous avons pu partager de bons moments tous ensemble. Au final, je retiendrai surtout l’aventure humaine vécue. Contre Luhansk, nous sommes tombés sur un adversaire plus fort que nous. Malgré la petite déception, nous avons pu apprendre énormément.”

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© François Garitte

Sa carte rouge face à Genk

La saison suivante, durant la campagne 2015-2016, Charleroi se retrouve à nouveau en barrages pour une qualification européenne. Cette fois, face à Genk, les Zèbres se prennent les pieds dans le tapis, à commencer par Penneteau, exclu après seulement 17 minutes de jeu au match retour. “Sur le moment, on se sent coupable, explique le Corse. Avec le recul, je ne suis pas sûr que l’arbitre était obligé de mettre un rouge sur cette action. Mais c’est une situation de match qui peut arriver dans une carrière. Les jours qui ont suivi la rencontre ont été difficiles mais ma force mentale m’a permis de passer au-dessus.”

Après avoir remporté la manche aller (2-0), les Carolos exploseront en plein vol en terres limbourgeoises (5-1). “Ce n’est pas pour autant mon pire souvenir, tempère Penneteau. Je retiens surtout l’expérience accumulée lors de cette double confrontation face à une grosse équipe. Même s’il y avait le sentiment d’être passé à quelque chose de grand, il faut savoir apprendre et accepter. Finalement, nous n’avions pas à rougir d’avoir perdu à Genk. A cette époque, nous étions encore dans une phase d’apprentissage et rater une étape fait partie du processus.”

Son hernie discale

Durant l’été 2018, Nicolas Penneteau est écarté de nombreuses semaines des terrains après une hernie discale lombaire qui fait craindre le pire. “A ce moment de ma carrière, je me suis montré trop impatient, avoue-t-il. Je me rappelle avoir reçu une piqûre un jeudi alors que nous partions en stage deux jours plus tard. On m’avait dit de rester au repos tout le week-end avant de remettre mon corps en activité en début de semaine. Mais le samedi, je me sentais tellement bien que j’ai voulu participer à l’entraînement. Le lendemain, mon dos était raide et je ressentais une douleur intense. Je me suis aperçu que j’avais fait une connerie et que je n’avais pas assez écouté le corps médical… Cela a provoqué une revalidation plus longue mais malgré cela, j’étais persuadé que je n’allais pas devoir mettre fin à ma carrière.”

Depuis ses débuts comme footballeur pro, Penneteau n’a pas été épargné par les blessures entre cette hernie discale, une lésion au ménisque mais aussi une rupture des ligaments croisés du genou. “J’ai été beaucoup touché mais je suis toujours revenu beaucoup plus vite que d’autres joueurs. J’ai pris chaque nouvelle blessure comme une étape qui s’offrait à moi. A chaque fois, les médecins et kinés étaient étonnés du délai plus court de revalidation me concernant. Avec le temps, j’ai appris à connaître mon corps et je sais jusqu’où pousser la machine. Et mon mental m’a aussi beaucoup aidé.”

Sa dernière saison

Après une saison entière passée dans la peau d’un titulaire, Nicolas Penneteau débuté la campagne 2020-2021 entre les perches zébrées. Si le début de saison est historique, avec un 18 sur 18 d’entrée de jeu, les Carolos sont stoppés nets dans leurs rêves lors de l’élimination européenne face au Lech Poznan. “Nous avions proposé un niveau de jeu très intéressant la saison dernière et le club avait fait le choix de la continuité malgré l’un ou l’autre départ, résume le gardien de 40 ans. Nous sentions qu’une qualification en Europa League était une sorte de suite logique d’autant plus que le match face au Partizan Belgrade nous avait donné confiance. Mais au final, nous subissons une défaite douloureuse et cruelle d’autant que nous avions l’équipe pour passer. Si on rejoue 10 fois la seconde mi-temps, on se qualifie 10 fois…”

Quelques matchs plus tard, Penneteau saute du onze de base au profit de Rémy Descamps. Malgré un retour dans l’équipe, le Corse termine la phase classique dans la peau d’un remplaçant. “J’ai vécu cette saison à fond, conclut-il. Au final, je me suis dit que j’avais tout donné, sur et en dehors du terrain. C’est clair que j’ai certains regrets liés à certaines de mes prestations. Mais dans la mentalité et l’envie de bien faire, je ne pense pas avoir quelque chose à me reprocher.”

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