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« Quand je joue avec l’équipe nationale, je le fais avec le coeur »

8 juin 2021
par  François Garitte
( Le virus du sport , Presse écrite )

Roman Yaremchuk, buteur de la Gantoise, sera l’un des leaders de la sélection ukrainienne à l’Euro cet été.

Si certains observateurs de notre Pro League doutaient encore des qualités de Roman Yaremchuk, ils ont plus que probablement été convaincus cette année. Après une saison 2019-2020 terminée avec 17 buts et 4 assists toutes compétitions confondues, le buteur de la Gantoise a encore fait mieux lors de cette campagne 2020-2021 : le joueur de 25 ans a marqué lors des cinq compétitions jouées avec le maillot de la Gantoise et s’est montré décisif à 23 reprises (17 buts et 6 assists) en 28 matchs lors de la phase classique.

Des chiffres qui doivent donner le sourire au peuple ukrainien qui place beaucoup d’espoirs en lui pour l’Euro qui se profile. Car si Roman Yaremchuk est le fer de lance des Buffalos, il est aussi devenu au fil des mois la tête d’affiche offensive de l’équipe nationale d’Ukraine. « Je ne vais pas dire que je suis le buteur principal de l’équipe car tout change rapidement dans le football, tempère humblement Yaremchuk. Un jour, un joueur est bon et le lendemain il n’est pas au niveau. Je sais seulement que si je preste à un bon niveau, je serai titulaire. Et si ce n’est pas le cas, je me retrouverai sur le banc. »

Pour le natif de Lviv, situé l’ouest de l’Ukraine non loin de la frontière avec la Pologne, l’histoire d’amour avec l’équipe nationale a débuté il y a près de trois ans. Un rêve pour celui qui avait fait toutes ses classes au Dinamo Kiev, le club numéro 1 en Ukraine. « Avoir été appelé en sélection a été une étape très importante dans ma carrière, avance-t-il. Quand je joue pour mon équipe nationale, je le fais avec le coeur. J’ai rejoint l’équipe avec tout mon amour pour ce pays. J’ai en plus eu la chance d’arriver durant une période faste avec de très bons joueurs qui évoluent dans de grands clubs. Trop peu de gens eu Europe se rendent compte que l’Ukraine est une très bonne nation du football et cet Euro est une chance pour nous de prouver à tout le monde notre niveau. »

Ces dernières années, les Ukrainiens ont réalisé quelques beaux coups sur la scène européenne. Cela a été récemment le cas en octobre 2020 lors de la victoire face à l’Espagne (1-0) ou encore en mars 2021 avec un match nul face à la France (1-1). « Quand on joue ce genre de rencontres, le niveau est incroyable. Je ne peux pas expliquer la différence tellement elle est grande, c’est un autre football. Même si le championnat belge n’est pas une mauvaise compétition, la différence est énorme. Si je veux atteindre le niveau de ces adversaires, il faut que j’atteigne un championnat du Top 5 européen. Ce n’est que comme cela qu’on peut rivaliser sur le long terme avec les plus grands joueurs. »

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© BY-SA 4.0

Parmi ces grands joueurs, l’un des plus grands s’est mis au milieu de la route de Yaremchuk et ses coéquipiers : Cristiano Ronalo. Versé dans le même groupe que les Portugais dans le cadre des qualifications pour l’Euro, l’Ukraine est sortie invaincue et a même battu à une reprise le Portugal avec un but de l’attaquant gantois. « Terminer en tête de notre groupe était une grande surprise pour tout le monde vu la présence du Portugal, avoue Roman Yaremchuk. Mais nous avons réussi à les battre à domicile et à aller prendre un point à l’extérieur. Personnellement, j’essaye de faire mon travail qui consiste à marquer des buts et à réaliser des assists. C’est la meilleure réponse aux critiques. J’ai joué contre de très bonnes équipes comme la Serbie ou le Portugal et cela me donne énormément de confiance d’être décisif face à ce genre de nations. Ronaldo ? C’est toujours spécial d’affronter un joueur comme lui. Mais nous savons tous à quel niveau il se situe et où nous nous situons actuellement. Nous avions remporté le match mais nous devons continuer de grandir intelligemment si nous voulons pour se rapprocher de son niveau. »

Si Yaremchuk est le fer de lance de l’attaque ukrainienne, le Gantois est entouré par de nombreux joueurs talentueux. C’est le cas de Malinovskyi, l’ancien joueur de Genk, mais aussi et surtout de Zinchenko qui évolue à Manchester City. « C’est vrai que c’est l’un des grands leaders de notre équipe, explique-t-il au sujet de celui qui a récemment pris le brassard de capitaine. Mais nous avons une flopée de joueurs talentueux. Et puis, notre coach Andrey Shevchenko (Ndlr : ancien joueur de Chelsea et du Milan AC) comprend très bien le football moderne et aime mettre en place un jeu porté vers l’avant. Cela a été spécial la première fois que je l’ai vu. S’entraîner sous les ordres d’un joueur comme lui est quelque chose de fantastique. Cela a toujours été un modèle pour moi quand j’étais plus jeune, d’autant qu’il jouait au même poste que moi. En Ukraine, c’est une légende vivante. Il faut avoir un énorme respect pour le coach et lui montrer que nous venons en équipe nationale pour nous battre pour le pays. »

Un pays qui avait été ridiculisé durant un Euro 2016 complètement raté : en France, l’équipe de Mykhailo Fomenko avait quitté la compétition après trois défaites et sans aucun but inscrit. « C’est un très mauvais souvenir pour le pays, se rappelle celui qui avait suivi attentivement la compétition depuis chez lui. Les commentaires avaient été très négatifs et les journaux ukrainiens avaient pris en grippe l’équipe nationale. Maintenant, les joueurs veulent faire changer le regard de certains envers l’équipe nationale et veulent montrer qu’il ne s’agissait que d’un faux-pas. »

Cette année, versé dans le même groupe que les Pays-Bas, l’Autriche et la Macédoine du Nord, l’Ukraine compte bien réaliser une compétition pleine cet été. « Nous avons un bon mix entre des joueurs expérimentés et des grands talents. Je crois que notre équipe peut faire quelque chose d’intéressant à l’Euro. Nous voulons d’abord faire bonne figure dans les phases de groupes et tenter de nous qualifier le plus rapidement possible. Mais quand je vois que le Luxembourg nous a posé des problèmes lors des qualifications, je me dis qu’il n’y aura pas de nations très faibles… Ensuite, tout est possible, de petites choses peuvent changer le cours d’une compétition. Mais il y a de nombreuses grosses équipes comme la Belgique, l’Angleterre, l’Espagne ou la France. Je n’ai pas affronté les Belges mais ils ont tout pour remporter l’Euro. »

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