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Maxime Laloux : « Les bonnes causes aiguilleront toujours mon parcours »

25 juin 2020
par  Sébastien Monmart
( Le virus de la solidarité , Presse écrite )

L’entraîneur du club de foot de Neffe est venu en aide aux commerçants de sa Ville. Il n’en était pas à sa première action de solidarité.

Après une belle carrière de footballeur dans le milieu amateur, Maxime Laloux s’est lancé dans le coaching. Dinantais pure souche, l’homme est à la tête du club de Neffe (qui a récemment fusionné avec Lysogne-Thyne pour former la Royale Union Sportive Dinantaise) qui évolue aujourd’hui en P1 namuroise.

Durant ce confinement, Maxime Laloux s’est lancé dans une action de solidarité en faveur des commerçants locaux, déjà touchés par le déclin de l’attractivité du centre-ville depuis plusieurs années. Presque quotidiennement durant un mois et demi, il a mis aux enchères une vingtaine de maillots d’anciens et actuels joueurs de Neffe, ainsi que d’autres de footballeurs régionaux au profit des commerçants. « L’idée était de les faire profiter d’une manière ou d’une autre de notre réseau et de joindre l’utile à l’agréable. Beaucoup sont sponsors chez nous, mais je compte aussi parmi eux beaucoup d’amis », explique l’entraîneur. Son action de solidarité a remporté un franc succès. « On a pu récolter près de 3.500€. On doit encore tout faire valider par un huissier. On devrait organiser une petite cérémonie en août en essayant de rassembler tous les acheteurs et les joueurs qui ont accepté de donner leur maillot pour l’action. Le but sera de reverser cette somme à la Ville de Dinant qui l’utilisera pour une action à mener avec les commerçants. »

Fier de ce qui a pu être réalisé à son niveau, l’entraîneur de Neffe se montre néanmoins critique vis-à-vis de la société actuelle. « Quand on voit ce qu’on a pu faire ici, je me dis que si dix associations s’y étaient mises, on aurait déjà pu récolter 35.000€. A Dinant, il y a 14.000 habitants. On sait que la Ville n’a pas un grand fond financier. Si tout le monde avait pu donner quelques euros, ça aurait déjà pu sauver beaucoup de choses. Mon avis est qu’on vit dans une société d’égoïste. »

Égoïste, Maxime Laloux ne l’est pas. Il n’a d’ailleurs pas attendu le confinement pour se lancer dans des actions de solidarité. Chaque année en fin de saison, il organise un match de gala qui oppose anciennes gloires du football belge à une sélection des meilleurs joueurs de la région dinantaise. L’événement attire à chaque fois des centaines, voire un bon millier de personnes. En 2019, pour la 5e édition, une entrée symbolique de 2€ a été demandée. « Ce qui n’était pas le cas avant. On s’était dit que c’était un bon moyen de compter le nombre de spectateurs. On s’est alors demandé que faire des bénéfices. On s’est finalement tourné vers l’action de la RTBF Viva for Life (qui vient en aide aux enfants vivant en dessous du seuil de pauvreté en Belgique). »

En raison du Covid-19, l’édition 2020 de son match de gala n’a pas lieu en juin comme prévu. En fonction de l’évolution sanitaire, un événement de dernière minute pourrait néanmoins voir le jour. « Il n’est pas impossible qu’on programme quelque chose en septembre. On se dirigerait vers une autre association ou un autre thème mais on ne s’est pas encore décidé. Cela pourrait par exemple être en faveur des enfants malades. Si en gagnant de l’argent, on peut en faire profiter les bonnes causes, c’est avec grand plaisir qu’on le fait. »

La solidarité ne s’arrête pas à l’argent

Les idées d’action de générosité et de solidarité fourmillent dans l’esprit de ce Dinantais qui pourrait en lancer d’autres prochainement. « On pourrait par exemple demander à nos 150 affiliés du club de vendre 10 cartes de soutien. A chaque carte vendue, on reversait 1€ à une œuvre. On arriverait vite à 1.000€. » L’organisation d’un match de gala de basket-ball pourrait aussi voir le jour. « C’est en projet avec Marjorie Carpréaux (NdlR : joueuse de l’équipe nationale féminine). L’idée serait de faire participer le coach Giovanni Bozzi et de rassembler quelques internationales et joueuses de la région. Ça pourrait aussi être un match mixte. »

La solidarité ne s’arrête cependant pas à la simple récolte de fonds. Au sein de son propre club, Maxime Laloux tente de véhiculer ses messages et sa philosophie. « Le football doit être accessible à tout le monde. Le message que je fais passer à chaque personne de notre club est que si des parents ont des difficultés à payer la cotisation de leur enfant, on trouvera une solution. »

L’homme est en ce moment en contact avec l’ancien joueur de foot professionnel, Kalilou Fadiga, pour organiser une rencontre de football contre le racisme. « Une réunion est fixée pour début juillet. J’aimerais aussi pouvoir faire la même chose dans d’autres sports, comme le tennis et le basket-ball par exemple. L’idée serait de créer une asbl et de pouvoir passer dans les écoles pour mener des actions et faire passer des messages. On ne né pas égoïste ou raciste, on le devient. Les bonnes causes aiguilleront toujours mon parcours », termine Maxime Laloux.

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