JOURNALISTE FREELANCE.BE Le site des journalistes indépendants

Le virus de l’aventure

15 juillet 2021
par  Mélodie Voué
( Le virus des héros comme des gens ordinaires , Presse écrite )

A 30 ans et presqu’autant de pays visités, Raphaël consacre tout son temps libre pour prendre le large. Ce backpacker aguerri n’a qu’une idée en tête : découvrir les plus beaux endroits de la planète et partager ses aventures sur ses réseaux sociaux. Portrait d’un jeune homme contaminé par le virus du voyage.

« Actuellement, je suis en voyage pour 10 jours à travers la Suède ». Si vous cherchez Raphaël en Belgique, vous aurez peu de chance de le trouver. A tout juste 30 ans, le jeune homme, originaire de la région namuroise, est un vrai mordu de voyages. Norvège, Afrique du Sud, Islande, Jordanie, Maroc, Egypte… Il a déjà mis les pieds dans 27 pays, « et il y en a beaucoup d’autres sur la liste ». Mais pas question de l’imaginer dans un hôtel en formule tout compris, à siroter des cocktails au bord de la piscine. Non, ce qui l’anime lui, ce sont les voyages en sac à dos, sa tente sous le bras, entre forêts et montagnes. « Ce choix de voyage me permet de pouvoir déconnecter complètement avec la civilisation. C’est pour moi une excellente façon de me ressourcer, d’être au grand air. Mais c’est aussi une façon de voir des endroits, des paysages que l’on n’a pas l’opportunité de voir souvent si on reste dans les villes, à l’hôtel ». Et cette passion pour le backpacking, Raphaël la tient d’un séjour en Australie, il y a bientôt dix ans. En 2013, il demande le visa vacances-travail, et part seul pendant un an. Il sillonne le pays en van, à la recherche de petits boulots dans des fermes pour financer son séjour. Une expérience qui a changé sa vision du monde : « Depuis cette aventure seul au bout du monde, je suis devenu accro aux voyages et à la recherche de paysages à chaque fois plus extraordinaires les uns que les autres. Le fait de partir souvent à l’étranger m’apporte énormément d’enrichissement personnel, cela me permet de revenir serein, mais surtout, le fait de sillonner des pays en pleine autonomie apporte un énorme sentiment de liberté, sans aucune contrainte ».

JPEG - 212.4 ko
© Raphaël Crefcoeur

Un mode de vie axé sur la liberté, qui contraste avec son emploi actuel : Raphaël est Business Developer chez CBC. Un métier de bureau, à mille lieues de son virus de la bougeotte. Mais c’est bien le seul moyen de financer ses aventures, même s’il l’affirme, « ce sont des voyages qui ne coutent vraiment pas grand-chose, les frais les plus importants sont le billet d’avion et l’essence, pour le reste, je ne dépense généralement que très peu sur place. Je dors sous tente et pour manger, ce sont des rations lyophilisées. Pas de restos ! ». Mais en partant plusieurs fois par an, est-ce conciliable avec son travail ? Là aussi, il essaye de maximiser son temps : « Nous avons 35 jours de congé avec la banque, ce qui me permet de pouvoir planifier plusieurs voyages et sur des durées assez longues. De plus, j’essaye toujours de combiner les voyages avec des jours fériés afin de ne pas prendre trop de jours sur des semaines complètes ».

S’il arrive toujours à combiner boulot et envie d’ailleurs, la préparation lui prend par contre un temps conséquent. « Cela demande beaucoup de recherches pour éviter les mauvaises surprises…même si ça arrive parfois, car il y a toujours des imprévus. Mais une bonne préparation permet de les limiter ». Et pas de hasard non plus dans le choix de la destination. Météo, prix des billets d’avion, zones sûres, activités : les facteurs sont nombreux. Jusqu’à récemment, il privilégiait davantage les pays d’Europe. Mais depuis peu, il essaye de se tourner vers un autre type de lieux : « Je commence à m’intéresser aux pays que l’on connait peu. Par exemple, je suis récemment parti au Kirghizistan, un pays magnifique mais dont on ne parle jamais… ou presque. Et ça n’est pas plus mal d’ailleurs, ça évite de croiser trop de monde ! ».

JPEG - 85.6 ko
© Raphaël Crefcoeur

Et s’il recherche avant tout les endroits reculés, hors des zones touristiques, cela n’empêche pas de partager ses expéditions au plus grand nombre sur les réseaux sociaux. En plus de son emploi à la banque, il est photographe indépendant. C’est donc tout naturellement qu’il partage la grande majorité de ses périples sur son compte Instagram. Il a d’ailleurs créé un compte lié au voyage et à l’aventure, et sa communauté augmente petit à petit. Il compte aujourd’hui presque 2000 abonnés. « En partageant mes expériences, je veux tout simplement montrer le monde qui nous entoure et les merveilles qu’il offre. C’est aussi dans l’idée de donner envie aux gens de voyager, de partir à l’aventure et de découvrir d’autres horizons », précise le jeune homme. « A chaque voyage que j’effectue, j’ai une certaine communauté qui interagit quotidiennement avec moi et qui parfois me remercie de les faire voyager un peu à travers mes publications. Ce partage est important pour moi. Quand je vois le retour que je reçois des personnes qui me suivent, cela me pousse également à vouloir en donner plus, pour eux mais surtout pour moi ». Raphaël apprécie l’influence qu’il peut avoir sur ses followers, mais de là à en vivre, il y a encore un pas : « Devenir influencer de voyage, c’est assez difficile. Il y a énormément de personnes qui ont un bien plus grande influence que moi actuellement. Mais ce serait tout de même très sympa de pouvoir se dire que j’ai une influence sur mon entourage à travers mes voyages. Pour le moment, j’essaye simplement de le faire à mon échelle ». Dès son retour de Suède, Raphaël préparera déjà ses nouvelles aventures. Il ne restera plus qu’à choisir dans quelle partie du monde il plantera sa tente.

Partager :