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Le sport, plus fort que le confinement

15 juin 2020
par  Eric Cornu
( Le virus du sport , Presse écrite )

THADDEE ADAM, sportif dans l’âme, a voulu vivre activement la période de confinement consécutive à la pandémie de Covid-19. Impossible pour l’athlète du club de Gaurain-Ramecroix (Tournai) de rester les bras croisés à attendre que ça passe. Thaddée a donné 40 séances de coaching physique sur Instagram. Il en a même suscité des vocations !

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17 mars 2020. La Première Ministre Sophie Wilmès annonce un confinement de la population belge à partir du 18 mars. Le pays se replie. La pandémie du coronavirus menace, met le trouble, la crainte dans les esprits. Tout, ou presque, est à l’arrêt. Le sport rentre dans le rang. Pour combien de temps ? Personne ne le sait. Tous les projets, de la plus petite course à pied jusqu’aux Jeux Olympiques sont impactés, repoussés, annulés… Le monde devient virtuel, forcé, contraint. Thaddée Adam prend la claque collective. L’ex-footballeur devenu athlète de très bon niveau avait prévu de battre son record personnel sur 10 kilomètres sur route à Valenciennes (F) en avril. Une longue préparation, qui était passée par une grosse campagne hivernale en cross-country, devenue inutile… « Je ne m’attendais pas du tout à une telle situation  », explique l’athlète du club tournaisien de la RUSTA. «  Une semaine avant le début du confinement, je me disais qu’on allait pouvoir continuer à s’entraîner normalement, en groupe, que mon job de préparateur physique ne serait pas impacté, que la crise allait nous passer au-dessus. La surprise du lock down a été dure à avaler. Sur le coup, ce fut déstabilisant même si j’ai voulu continuer à m’accrocher pendant quelques jours à d’hypothétiques objectifs pour le début de saison, en fin avril, début mai. Il a malheureusement fallu se rendre compte que la situation était plus grave que prévu, que tout le monde était impacté. Une sorte de fatalisme… »

Thaddée a connu le chômage économique dans son centre sportif, du 13 mars à la fin mai. Il a effacé tous ses objectifs sportifs printaniers, la mort dans l’âme. «  J’ai arrêté de travailler le 13 mars car la salle était devenue inaccessible. Sur le plan sportif, on pouvait certes encore s’entraîner, mais seul. Les compétitions étaient annulées, le brouillard était total sur le futur. Dommage, mille fois dommage car je m’étais préparé pour le 5 avril, mon premier objectif de la campagne 2020, les 10 km de Valenciennes. Je voulais passer sous les 30 minutes. Mais je n’ai pas voulu tomber dans le découragement. J’ai très vite rebondi et j’ai lancé, dès la 2e semaine du confinement, un concept de séances de coaching sur Instagram. J’avais, en fait, été sollicité par bon nombre de mes sportifs habituels pour des programmes d’entraînement personnalisés. Mais de quel matériel disposait tous ces gens ? Quels étaient leurs niveaux individuels ? J’ai donc décidé de travailler en solidarité en proposant 10 exercices par jour, sans matériel spécifique, sur un espace relativement réduit de 5 m2, accessible à tous, donc. »

Le projet de Thaddée a très vite percuté. Les suiveurs sont arrivés en masse sur son profil Instagram à l’heure du rendez-vous quotidien. « J’ai eu plus de 5.000 suiveurs pour ma première séance et les chiffres ont vite pris leur envol. J’ai posté 40 épisodes à raison de 5 séances par semaine. Celle du vendredi était en direct de mon salon. C’était pour moi une façon d’oublier le contexte assez morose du confinement, une façon de garder un lien avec les sportifs, d’échanger avec les personnes isolées. C’était une belle échappatoire pour les participants et pour moi-même. J’ai eu de très bons retours de mes suiveurs, qui trouvaient mes séances très sympas. Certains les suivaient même en famille, avec leurs enfants. J’ai le réel sentiment que des personnes ont profité de mon projet pour se remettre au sport. C’était facile, gratuit, régulier avec, chaque jour, une dizaine d’exercices différents, à la portée de tous. Ce fut, en tout cas, une belle façon d’oublier l’ambiance du confinement et de sortir plus fort de cette crise. Je suis très content d’avoir pu jouer un rôle positif. »

Thaddée a désormais repris le chemin de sa salle de sport, il a retrouvé son stade d’athlétisme, son groupe d’entraînement. « Je suis passé sous l’aile de Ruddy Walem, ancien athlète de haut niveau qui encadre désormais de nombreux athlètes. Mon but avec lui est de continuer à m’améliorer, de donner davantage de qualité à mes entraînements. Il est vrai qu’il est encore un peu compliqué, en ce mois juin, de parler de reprise des compétitions. Mais nous ferons des tests sur 3.000 et 5.000 mètres avec les athlètes de mon groupe, ce qui compensera le manque de programme de courses. Le tout est de prendre plaisir dans le sport, c’est mon cas. »

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