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La solidarité plus forte que le virus

28 août 2020
par  Ameline Delvaux
( Le virus de la solidarité , Presse écrite )

Colis alimentaires, distributions de masques, de stylos et de bouteilles d’eau, l’ASBL « Les Anges de Mons » ne ménage pas ses efforts pour venir en aide aux plus démunis et aux sans domicile fixe, même quand le virus s’interpose entre les gens ou que la canicule s’invite.

Coffre rempli de colis alimentaires, de masques et de bouteilles d’eau, Mohamed Aftouh vérifie les derniers détails avant de sillonner le centre-ville montois avec Alexandra. Ils ont deux missions : distribuer des colis aux personnes dans le besoin et rencontrer les sans-abris pour leur apporter un repas et surtout de l’eau pour faire face à la canicule. « Nous avons un plan canicule. L’année passée, nous avons distribué plus de 1.500 bouteilles d’eau aux personnes qui vivent dans la rue. » Cela fait maintenant un an et demi que « Les Anges de Mons » se démènent chaque semaine. Si l’ASBL a vu le jour, c’est grâce au Montois Mohamed Aftouh. « Je sais à quel point ça peut être difficile de vivre dans la rue, de ne compter que sur la débrouillardise pour s’en sortir, alors je donne de mon temps pour venir en aide à ces personnes. »

Des colis grâce aux dons

Le premier à croiser le chemin de Mohamed, c’est Herbie, heureux de tomber sur « Momo ». Il reçoit un plat de pâtes, de l’eau et un masque. « Il fait chaud, ça va être difficile ces prochains jours. Avoir un repas, ça fait du bien. » Un peu plus loin, sur la Grand’Place, Laetitia, 40 ans, attend avec impatience Mohamed et son sac de provisions. Maman de 3 enfants, elle a perdu ses petits boulots à cause de la crise sanitaire. « J’ai vraiment du mal chaque mois. C’est très dur. Heureusement que l’ASBL m’aide. J’en ai les larmes aux yeux quand je vois la générosité de ces personnes. Avant, j’allais récupérer les invendus des supermarchés dans les poubelles, mais maintenant je ne sais plus le faire. Alors ces colis sont très importants pour moi et mes enfants. Sans eux, je ne sais pas comment je ferais. » Dans son sac, il y a des conserves, des pâtes, de la sauce tomate, du riz, des céréales ou encore des produits d’hygiène. Pour pouvoir composer ce colis, Mohamed a besoin de dons. Et en fonction de ce qu’il reçoit, il peut répondre aux demandes des citoyens qui s’adressent à lui, via un formulaire disponible en ligne. « Chaque début de semaine nous livrons des colis aux familles ou aux personnes isolées dans le besoin. En ce moment, nous fournissons une trentaine de foyers. Mais avant ça, nous allons chercher chez les gens qui nous contactent les denrées non-périssables qu’ils veulent offrir à notre ASBL. On prend même des vêtements et du matériel scolaire pour les enfants. » Ce service fonctionne grâce aux réseaux sociaux.

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#PourEuxMONS

Quand le lockdown a été imposé au mois de mars, Mohamed craignait de devoir stopper ses activités. « J’ai eu peur que le coronavirus mette en danger l’ASBL, vu les règles imposées. Ça a été un peu compliqué au début du confinement et puis la solidarité a repris le dessus. Un mouvement a vu le jour : #PourEuxMONS. Il a rassemblé des restaurateurs qui nous ont beaucoup aidés. Ils nous donnaient des denrées qu’ils n’avaient pas pu cuisiner vu qu’ils ont dû fermer leurs portes. Et puis, on a demandé aux gens de se mobiliser en cuisinant une portion en plus pour les SDF lors de leurs repas. Et je dois dire que ça a vraiment bien fonctionné. En tout, grâce à la solidarité de tout le monde, on a pu distribuer 2.746 repas et 830 desserts pendant tout le confinement. »

« Ça m’a sauvé la vie »

Le prochain arrêt, c’est chez Arnaud. Il ne vit pas dans la rue, mais depuis un mois, il se tourne toutes les semaines vers Les Anges de Mons. « Franchement, ça m’a sauvé la vie. Sans eux, je ne sais pas ce que j’aurais fait. Ça fait un mois que je reçois des repas et des colis diversifiés. » Mohamed part ensuite à la rencontre de Véro, une sans-abri. « Je peux encore avoir une bouteille d’eau en plus ? Les pâtes je les mets dans mon sac, ça sera pour plus tard ». Au passage, elle récupère des stylos à l’effigie des Anges de Mons, mais aussi un masque pour se protéger. « On leur explique que c’est très important de porter un masque. D’ailleurs, on a toujours sur nous du gel pour les mains. Le coronavirus met de la distance entre les gens. Mais ça ne nous empêche pas d’aider ceux qui en ont besoin chaque semaine. Les masques qu’on distribue sont aussi aux couleurs de notre ASBL. Ils ont été faits par une société montoise. » Les stylos, eux, servent à récolter un peu d’argent. Momo les donne aux SDF qui les vendent. « Ils sont hyper contents, car ça crée un échange et du lien social en cette période où tout le monde se méfie de tout le monde. En plus, récolter de l’argent de cette manière, c’est plus valorisant pour eux qu’en faisant la manche. » Et Véro doit dire qu’elle s’en sort pas mal avec ses stylos. « J’arrive à bien les vendre, c’est super. Je suis très contente. Je préfère ça que demander aux gens des pièces ou de la nourriture. »

Les caddies solidaires

Après 1h de tournée dans Mons, Mohamed reprend la route. Ce parcours, il le refera aussi les jours suivants. En marge de cela, il organise régulièrement des campagnes avec Les Anges de Mons. A cause du coronavirus, plusieurs d’entre elles ont dû être annulées. Mais la prochaine est déjà programmée. Elle s’appelle « les caddies solidaires ». Elle est prévue le 5 septembre. Postés à l’entrée d’un grand supermarché, les bénévoles expliqueront leurs actions aux clients, en espérant recevoir à leur sortie un don de denrées non-périssables, fraichement achetées et posées dans le caddie.

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