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La passion de Cédric Raemackers, ce n’est pas bidon

25 juin 2020
par  Raphaël Villafrate
( Le virus du sport , Presse écrite )

Amoureux de cyclisme depuis son enfance, le Wanzois Cédric Raemackers a converti cette passion en une collection impressionnante.

En région liégeoise et particulièrement sur l’arrondissement de Huy-Waremme, le nom de Cédric Raemackers est connu de beaucoup de monde. Principalement dans le domaine de l’athlétisme et des joggings, dans lesquels le Wanzois, originaire de Hannut, performe depuis de nombreuses années. Mais ceux qui connaissent mieux Cédric savent que son autre grande passion, c’est le cyclisme. Et ce, depuis tout petit. « Je me rappelle que je roulais à vélo dans la rue et que mes parents me tendaient un bidon comme pour simuler un ravitaillement », se remémore-t-il. Le vélo en question, Cédric ne l’a pas conservé. En revanche, le bidon, il l’a précieusement conservé. Et celui-ci, datant du début des années 90 aux couleurs de l’équipe Lotto – Super Club, fait maintenant partie d’une immense collection. « Quand j’ai commencé à aller voir des courses cyclistes, j’en ramenais un, puis un autre, puis encore un et je les conservais, relate Cédric. Je ne courais pas spécialement après. Je ramassais juste ceux que je voyais traîner. »

Au fil du temps, c’est une impressionnante collection que le Wanzois a réunie. « J’en suis à 3 074 modèles différents, dit-il avec précision. Ceux que j’ai en double, je les stocke dans des caisses au fond de la cave et je les utilise pour réaliser des échanges. » Ces dernières semaines, Cédric a profité du confinement pour mettre de l’ordre dans sa collection. Arrivé dans la cave de son habitation, c’est un véritable musée du cyclisme qu’on peut découvrir. Le passage est délicat entre les étagères et les murs pour éviter de tout faire tomber. Mais la visite vaut le détour. « J’ai essayé de tout remettre par ordre alphabétique et de faire des étagères thématiques, précise-t-il. Il y en a une avec les plus anciens bidons, une autre avec les bidons spécifiques à certaines courses ou encore une autre avec ceux créés par des sponsors. »

Les contacts et les réseaux sociaux

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Père de famille, professeur et sportif, Cédric Raemackers n’a pas le loisir de courir à travers le monde pour aller chercher les bidons de sa collection sur les courses. « En moyenne, je vais suivre une vingtaine de courses par an, c’est encore raisonnable, sourit le collectionneur de 35 ans. Pour en récupérer, les réseaux sociaux fonctionnent bien. Je fais des échanges avec d’autres collectionneurs, certains que j’ai d’ailleurs croisés sur des courses. » Mais les autres passionnés ne sont pas sa seule source. « Je connais aussi quelques personnes qui sont dans l’entourage des équipes cyclistes donc elles me ramènent régulièrement des bidons. Par exemple, en début d’année, j’ai pu recevoir un lot de bidons venant du Tour Down Under (NDLR : en Australie). » Avec le temps, la collection de Cédric Raemackers a eu un écho auprès de ses proches. Les dons lui arrivent ainsi facilement. « C’est sûr que celui qui veut me faire un cadeau sait directement quoi offrir », rigole-t-il.

Une véritable passion pour Cédric Raemackers qui, chaque jour, vient jeter un œil à sa collection. Une passion qui ne le quitte jamais vraiment puisque, durant notre visite, il recevait un nouveau colis comprenant un bidon de la formation Bingoal – Wallonie-Bruxelles.

Et pour la suite ?

Alors que la cave de Cédric commence à se faire petite pour continuer d’entreposer les objets, l’homme se pose déjà la question de ce qu’il fera de toutes les pièces de sa collection dans quelques années. « Malheureusement, mes filles n’ont pas l’air vraiment passionnées par le cyclisme, sourit-il. On verra bien d’ici là ce que j’en ferai. Les vendre, c’est exclu, je veux les conserver. Mais il me faudra déjà trouver ce que je ferai d’ici la fin de l’année car, d’ici là, la cave sera vraiment remplie. » Il reste bien de la place aux étages, mais pas sûr que Madame soit d’accord…

Avec une collection aussi importante, certaines pièces ont une place particulière dans le cœur du collectionneur.

Incollable sur sa collection, Cédric Raemackers peut directement dire s’il possède ou non un bidon en particulier. Pourtant, certains se ressemblent à s’y méprendre et il faut un œil avisé pour les distinguer. « Une équipe comme Cofidis avait produit des bidons avec des goulots de couleurs différentes. Si je voulais être complet, il me fallait les trois de cette année-là, détaille-t-il. J’en ai aussi qui diffèrent simplement à cause d’une erreur d’impression. »

Mais dans le lot, certaines pièces ont plus d’importance que d’autres. « Il y a évidemment le bidon Lotto-Super Club mais il y en a d’autres aussi, entame-t-il en se dirigeant vers une vitrine précise. Il y a ce bidon qui appartenait à Franck Vandenbroucke. Je l’ai reçu à l’occasion du championnat de Belgique en 1998 à Knokke. Après la course, j’ai été le voir et Franck avait été très gentil en m’offrant son bidon. Il y a toujours son nom inscrit dessus. »

Juste à côté du bidon du vainqueur de Liège-Bastogne-Liège 1999, le Wanzois pointe aussi un bidon qu’il a acquis tout récemment. « C’est un bidon de l’équipe Dimension Data à l’effigie de Nelson Mandela. C’est un bidon assez rare puisque l’équipe ne les avait utilisés qu’à l’occasion d’une seule étape et j’ai pu en récupérer un. J’ai d’ailleurs vu que certains les vendaient à 90 euros sur eBay. »

Des bidons qu’il affectionne, Cédric Raemackers pourrait en citer tout une liste. « Puis, quand je descends les voir, j’en ai parfois l’un ou l’autre que je remarque plus que d’habitude, c’est toujours sympa. »

Cédric Raemackers détient plusieurs pièces offertes par l’ancien cycliste pro Nico Sijmens. Entre les deux, une véritable amitié est née.

Au fil du temps, Cédric Raemackers a noué de bonnes relations avec plusieurs coureurs cyclistes. Mais celui dont il est devenu le plus proche, c’est incontestablement Nico Sijmens, ancien coureur professionnel et vainqueur d’étape sur les routes de la Vuelta. « On a fait connaissance à l’occasion des 24h vélo de Louvain-la-Neuve où il avait roulé avec une équipe, se rappelle Cédric. On s’était retrouvé pendant la soirée, on avait beaucoup discuté et on est resté très bon amis depuis cette époque. »

Le Wanzois est d’ailleurs allé soutenir l’ancien coureur Cofidis sur plusieurs courses. Un soutien que le coureur originaire de Diest a bien rendu à son supporter, en lui offrant plusieurs pièces pour sa collection. « Il m’a offert plusieurs maillots que j’ai encadrés, précise Cédric Raemackers. J’ai notamment le maillot Cofidis avec lequel il a remporté son étape du Tour d’Espagne. J’ai également reçu son maillot du championnat du monde sur route. »

Des pièces assez exceptionnelles pour une collection. Mais aussi d’autres, plus insolites. « Il m’a donné une grosse valise Cofidis avec laquelle il voyageait… J’étais content de la recevoir et, de son côté, je pense qu’il était aussi content de s’en débarrasser et de faire de la place chez lui (rires). »

Une belle amitié qui n’a fait que renforcer la passion de Cédric pour la petite reine.

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