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L’Akatsuki 13k, des mangas au virus du rap : « Être rappeur, c’est un rêve de gosse »

26 novembre 2020
par  Romain Izzard
( Le virus de l’art , Presse écrite )

Fans de manga, Vum’s et SKN de l’Akatsuki 13k forment un duo solide et complice. Des amis d’enfance qui veulent vivre de leur passion : le rap.

Si vous n’êtes pas un assidu des mangas japonais, « Akatsuki » doit résonner de façon mystérieuse dans votre tête. « On est des grands fans de mangas japonais et surtout de Naruto, explique Dylan Vumi, aka Vum’s. L’akatsuki, c’est une organisation criminelle dans Naruto, super impressionnante. Surtout avec les personnages Kisame et Itachi. » Yves Ezako, aka SKN, ajoute : « C’est aussi un duo qui travaille toujours par deux. Ça nous correspond bien. On est vraiment un duo fusionnel, solide. Quand on travaille séparément et que l’on se retrouve au studio, on s’est plusieurs fois rendu compte que l’on avait écrit sur les mêmes thèmes sans se concerter. On aurait dit qu’on avait écrit le son dans la même pièce. Ça ne nous empêche pas de faire des sons en solo. Mais c’est l’Akatsuki qui compte au final. »

Une complicité que Vum’s (22 ans) et SKN (25 ans) entretiennent depuis leur tendre enfance, passée dans le quartier du Bauloy, à Ottignies. « On a grandi ensemble. Nos parents se connaissent bien et mon grand frère était dans sa classe », explique Vum’s, qui a depuis déménagé à Bruxelles. Un cadre où le rap n’était jamais loin. « On est baigné dedans depuis tout petit. Nos grands frères, notre famille, tout le monde écoutait. Mes artistes de l’époque : Booba, Rohff, Youssoupha, la Mafia K’1 Fry, quelques sons à l’ancienne d’IAM. »

Les freestyles à la gare d’Ottignies

Vum’s et SKN se sont entraînés à rapper en faisant des petits freestyles à la gare d’Ottignies ou à la cité blanche. « Jonathan Meyers, aka Malkez, qui est éducateur à La Chaloupe de Court-Saint-Étienne et également rappeur, a amené son studio d’enregistrement au Bauloy. J’avais 14 ans à l’époque, SKN devait avoir 17 ans. C’était dingue ! », se rappelle avec émotion Vum’s.

Après un groupe formé à quatre, Véridique, les deux rappeurs ottintois ont d’abord pris des chemins différents. « Moi, j’ai arrêté alors que Vum’s a continué de sortir des sons. J’étais à l’école à Namur, et ça rappait beaucoup. J’ai écrit et présenté ce que j’ai fait à Vum’s. Il a bien kiffé. Donc, on s’est remis à bosser ensemble. C’était il y a deux ans. »

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Vum’s et SKN, les deux membres de l’Akatsuki 13k.
© Mathieu Golinvaux
Les bons conseils de Don Moja

Depuis, les deux rappeurs fans de Ninho, Timal, Leto, Niska, Frenetik, Caballero, Damso, La Smala ou les très énergiques 13 Block, s’entourent des bonnes personnes pour faire évoluer le projet. « On est allé chez Wazana Records, à Ixelles. Ensuite, on est passé par quelques home studios avant d’arriver chez Don Moja, qui vient aussi d’Ottignies et qui est un ami de nos familles. Son CV est juste impressionnant : Kobo, Damso, Jul, Hunter du Nekketsu Klan, énumère SKN. Si je dois retenir des conseils que l’on nous a donnés, ce sont ceux de Wazana et Don Moja. On s’est beaucoup améliorés grâce à eux. Ils nous ont appris à mieux poser sur les instrus. »

Le résultat : un mélange d’ego trip et de drill. Un rap énergique, des beats qui résonnent et des paroles qui percutent. « Et j’aime de ouf, s’exclame Vum’s. Pour notre âge, je trouve qu’on fait du super boulot. » SKN ajoute, tout aussi fier : « J’écoute tous les jours mes sons. Si je n’aimais pas ce que je faisais, je ne pourrais pas le faire. »

Des partages qui font parler

Tout en continuant leurs études – comptabilité pour Vum’s et relations publiques pour SKN -, les deux rappeurs ottintois espèrent bien vivre de leur passion. Ils ont déjà pu défendre leur projet sur les scènes du Centre nerveux à Ottignies ou du VK à Molenbeek. « Se lancer dans la musique, c’est un rêve de gosse, confirme Vum’s. Quand tu es petit, tu vois les rappeurs faire des clips. Tu te dis que tu veux faire la même chose. » SKN confirme : « La famille nous suit maintenant. Ils ne trouvaient pas ça sérieux avant. Mais quand ils ont vu les clips, ils nous ont validés ! »

Sur leur chaîne YouTube, Akatsuki 13k compte désormais 140 000 vues au total. Des clips comme « Bourbier » ou « Dans la ville », un featuring de SKN et Godson du Nekketsu Klan, ont dépassé les 20 000 vues. Le dernier clip, « Commentaire », se rapproche de la barre des 60 000 vues. « Ça prend bien sur les réseaux, se félicite Vum’s. L’avantage aujourd’hui, c’est qu’un partage en story ou dans une vidéo peut vous faire gagner des milliers de vues en quelques jours. La chaîne YouTube Ficko TV a utilisé « Bourbier » en intro d’une vidéo. La chaîne YouTube « Le Règlement », qui a plus de 800 000 abonnés, a aussi diffusé mon freestyle. C’est cool ! Et que ça commente positivement ou négativement, tant que ça fait du clic, c’est bon pour le référencement (rires). »

Un projet à la rentrée

Fiers d’être Ottintois, fiers d’être des rappeurs belges, les deux membres de l’Akatsuki 13k vont sortir un EP, « Miraculé ou maudit », vers la mi-septembre. Cinq titres bien différents de ce qu’ils ont l’habitude de faire. « Jusqu’ici, on a souvent fait des sons dans la même direction. On commence à en avoir fait le tour, donc on a voulu proposer quelque chose de différent », annonce SKN.

Avec les sons de leurs beatmakers favoris, dont l’Ottintois Jass Beats. « Du rap pur, du son d’été, c’est fort diversifié. Quand on est trop à l’aise dans une catégorie, il faut aller vers d’autres horizons. Sinon, les gens se lassent. Et toi aussi d’ailleurs », conclut Vum’s.

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