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Je rêve d’infiltrer une cellule terroriste mais…

1er février 2021
par  Pierre-Yves Paque
( Le virus de l’art , Presse écrite )

Sans filtre, voici « L’Évangile selon Marie s’infiltre » qui place deux présidents américains (Clinton et Trump) parmi les meilleurs infiltrés du globe.

« Je ne l’ai pas infiltré mais j’ai eu le Covid, nous explique la Youtubeuse Marie s’infiltre, qui vient de sortir deux clips choc coup sur coup (Coup de Théâtre et Dubaï) pour dénoncer la situation sanitaire actuelle. Le virus ne m’a toutefois pas mise à terre puisque j’ai écrit ce livre. J’ai été très malade. J’ai eu une pneumonie incroyable pendant la première période Covid mais ce n’était pas le Covid. Par contre, j’ai été dépistée positive fin août ! Et là, je n’ai rien eu... C’est très chelou."

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La Youtubeuse "Marie s’infiltre"

Célèbre pour s’être infiltrée au Festival de Cannes, dans un meeting de militants de Marine Le Pen et s’être fait rembarrer par Gigi Hadid sur le podium du défilé Chanel, la comédienne et humoriste Marie Benoliel de son vrai nom vient aussi de se lancer dans la chanson depuis septembre 2020 avec la sortie très osée des clips Culot et Couvre-feu (en clin d’œil à Macron). Sans oublier son Évangile selon Marie s’infiltre, aux éditions Michel Lafon. Evangile dans lequel elle place notamment Bill Clinton -pour sa compétence de superficialité suite à sa relation avec Monica Lewinsky- et Donald Trump -pour son (non) respect et son art de la provocation- parmi les nouveaux modèles de société. Avant de pouvoir remonter sur scène avec son « Show inouï », Marie s’infiltre s’illustre comme la prophétesse des temps modernes qui décrypte "les dix plaies de notre époque maboulesque".

La fin de votre livre suppose que vous abandonnez votre personnage de Marie s’infiltre...
« Marie s’infiltre, ce n’est pas totalement fini car c’est quelque chose qui reste en moi. Et donc, près de moi. Mais les vidéos sur internet, de toute façon, avaient leur terme. Et, aujourd’hui, je ne vois plus le besoin impérieux d’aller m’amuser dans l’actualité vu qu’il n’y en a pas avec le Covid. Je m’étais toujours dit que ce serait un personnage éphémère qui allait me porter vers d’autres choses et il fallait bien une date de fin. Je ne savais pas que j’allais le formuler avec le livre. Mais voilà, ça été verbalisé avec ce livre. »

Le personnage vous aurait-il dépassé ?
« Non mais c’est un personnage qui peut tendre à s’essouffler aussi, à être dans une répétition. Ce personnage, quand je l’ai créé, je savais que ça allait être qu’un bout de chemin. Je n’allais pas m’appeler Marie s’infiltre toute ma vie non plus ! Ce serait quand même me réduire car je l’ai toujours vue comme un outil ! Je n’avais même pas Facebook avant même de créer le personnage. Je voulais l’utiliser comme un outil pour exister et quand ça a marché, j’y suis allé trois fois plus. Aujourd’hui, je m’amuse un peu moins qu’avant. Aussi parce que je vieillis, je deviens adulte, et du coup ça me fait moins rire de faire des conneries. Ou alors de très grosses conneries ! Donc oui, les vidéos ont une fin. Je ne sais pas si ce seront mes dernières vidéos ici mais, en tous cas, oui Marie s’infiltre je ne vais pas le faire toute ma vie. »

C’est pourtant un peu vous non ?
"Si la plupart du temps, tout est inventé, il y a beaucoup de moi oui mais pas que. Je n’ai jamais été une timide, j’ai toujours été très exubérante. Marie s’infiltre, c’est un moi exacerbé, c’est mon monstre, mon diable. J’ai toujours été dans la provoc’, j’aime contredire. Casser les codes, souffler la liberté. »

Quel sera l’après alors ?
« J’aime le théâtre, créer des choses, des films ou une série autour du personnage. Mais là, je me lance surtout dans la musique car ça me plait. Au début, on prend ça à la rigolade. Et il faut toujours le prendre à la rigolade tant que ce n’est pas parfait. Il faut prendre de la distance par rapport à ça sinon on manque de respect à la musique et aux chanteurs. Les gens ne me prennent de toute façon jamais au sérieux. Je ne suis pas le nouveau Sacha Baron Cohen pour la vidéo, ni la nouvelle Rita Mitsouko pour la musique. Je fais juste ce qui me plait ! »

Vous avez déjà tellement tout osé en infiltration, jamais pensé à pousser le vice encore plus loin ? Genre...
« ... infiltrer un groupuscule terroriste ? Je rêve d’infiltrer une cellule terroriste mais... je tiens à peu près à ma vie (rire) ! Non mais c’est juste dommage qu’on ne puisse pas le faire. C’est dangereux. Si on veut, je pourrais mais voilà, je tiens à ma vie !

Dans votre époque Youtubeuse, vous aviez notamment réalisé une vidéo sur les Belges… Qu’aimez-vous chez nous ?
« C’est le second degré ! Et puis cette simplicité à tout aborder avec autodérision et tranquillité. Qu’il n’y a pas du tout chez les Français qui sont beaucoup plus ’pet sec’ (sourire) »

Justement, qu’aimeriez-vous que la France emprunte à la Belgique ?
« Ben cela. Plus de naturel, plus de bienveillance et aussi une intelligence qui n’est pas toujours celle de la critique acerbe. »

A contrario, que ne comprenez-vous pas du tout chez nous ?
« L’accent belge (rire) ! Non... la mitraillette ! Tout ce qui est gastronomie, à part la gaufre. Vraiment je ne comprends pas votre gastronomie... (rire) »

Une expression belge qui vous fait rire ?
« Ben... carwasher ! (rire) Nous on dit tout simplement qu’on va laver la voiture (rire) ! »

Un lieu que vous appréciez particulièrement ?
« J’adore Bruxelles et son Manneken Pis (je ne sais pas comment on le prononce, rire) ! C’est une très belle ville, très belle capitale européenne et qui porte très bien les institutions qu’elle mérite. Ma vidéo sur les Belges était pourrie, on avait débarqué le jour de la Saint Verhaeghen... j’avais dû la faire rapidement. Elle a été faite en 3 heures, je ne connaissais rien à la ville. Mais là, maintenant, je suis prêt à en faire une bonne en décortiquant chaque quartier etc. Je vais m’y remettre ! »

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