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De l’événementiel à la vente de produits locaux, le changement de cap de Romain Fourrey

12 juillet 2021
par  Julien Denoel
( Le virus de la débrouille , Presse écrite )

La crise sanitaire du covid-19 a bousculé nos habitudes, notamment en poussant bon nombre de travailleurs à devoir stopper leurs activités professionnelles. Privés de leurs revenus, nombreux sont ceux qui ont opéré un virage. Romain Fourrey est de ceux-là puisqu’il s’est lancé dans la vente de produits locaux.

Pour beaucoup d’indépendants, le covid a mis un coup d’arrêt important à leurs activités professionnels. Ce fut particulièrement le cas dans l’horeca mais aussi dans le monde de l’événementiel. Avec les règles sanitaires imposées à tous, nous avons été privés de toutes les activités rassemblant du monde et, par corolaire, les emplois directs et indirects gravitant autour ont été mis à l’arrêt de manière forcée.

Beaucoup d’indépendants travaillant dans ce milieu, ils ont été privés de leurs revenus. Les aides et autres primes n’étant bien souvent pas suffisantes pour subvenir à leurs besoin et/ou à ceux de leurs sociétés, certains ont donc décidé de se réorienter le temps de la crise. Mis au pied du mur, ils se sont débrouillés pour développer autre chose. C’est le cas de Romain Fourrey. Cet habitant de Crisnée a profité de la crise pour se lancer dans une nouvelle activité : la vente de produits locaux.

« En avril 2020, mon désormais associé Frédéric Olders m’a appelé pour voir si je voulais rejoindre son projet : vendre des produits maraîchers dans des distributeurs automatiques. Mon secteur était à l’arrêt donc j’ai accepté », raconte-t-il. Après une analyse du projet et quelques calculs de rentabilité, Romain comprend que celui-ci sera difficilement viable s’ils ne vendent que des produits maraîchers. « Ça fonctionne bien quand tu produits tes fruits et tes légumes et que tu les vends directement à la ferme. Concernant la rentabilité, avoir plusieurs distributeurs et devoir aller les remplir un peu partout, ce n’est pas viable », constate-t-il.

Les deux décident donc de faire évoluer le projet en proposant également des produits transformés. « Mais des produits qui ont un intérêt pour nous », pose Romain. Et c’est comme ça que La Boîte Locale est née. « On a décidé de d’investir dans une première machine et de la positionner sur un endroit stratégique, à savoir une grande route. »

Changement de nom et développement

Après avoir fait ses maladies de jeunesse – le premier distributeur est en place depuis 10 mois – le projet a eu droit à son premier couac quelques mois après son lancement. « On s’est rendu compte par hasard qu’une société flamande avait le même nom à la Côte parce que quelqu’un nous a taggué sur un article sur Facebook en se trompant », raconte Romain. « Sauf que nous, on était en personne physique et on n’avait pas déposé le nom. Juridiquement parlant, on aurait pu les attaquer car on avait la priorité, mais on n’avait pas envie de se lancer là-dedans. On a donc décidé de changer de nom. »

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© Laurane Naalden

De « La Boîte Locale », le projet devient « Bim Bam Belge ». « Je me suis réveillé un matin et je me suis dit que ça devait s’appeler comme ça », rigole Romain. Un changement que les deux associés n’ont pas pris comme un coup dur mais plutôt comme une opportunité. « On était en plein développement et on s’est dit que s’il fallait changer de nom, c’était le moment. On a discuté de l’idée Bim Bam Belge et on a trouvé que c’était plus dynamique. Un pote graphiste nous a fait un super logo et on a changé le reste. » Site internet, réseaux sociaux… La communication a été importante pour faire découvrir la nouvelle identité du projet. « Le site de La Boîte Locale était très peu fourni, c’était vraiment un tout petit truc parce qu’on avait que quelques produits en ligne et le reste c’était une page qui expliquait où se trouve le distributeur. Facebook, on a juste changé le nom. »

En parallèle, Bim Bam Belge a continué à se développer. Deux nouvelles machines seront prochainement installées, d’un autre niveau que la première située dans le Brabant Wallon. « Elles font deux fois et demi la capacité, avec un écran tactique où on peut passer des photos, des vidéos. Les machines sont connectées entre elles et pourront s’envoyer des informations », explique Romain. Les lieux d’implantation ne sont pas encore définis, son associé et lui cherchant toujours le meilleur endroit possible. Mais outre ce distributeur et les futurs, Bim Bam Belge propose également des livraisons à domicile.

Utiliser ses anciennes compétences

N’ayant jamais travaillé dans le commerce de détail auparavant, Romain débarquait donc dans un monde tout nouveau pour lui. Il a fallu apprendre évidemment, mais certaines des compétences qu’il avait pu développer dans l’événementiel lui ont quand même été utiles. « Le côté organisation un peu, et puis tout ce qui est logistique. Ça, c’est hyper important », constate-t-il, avant d’ajouter que « de toute façon, toutes tes compétences sont utiles ».

Quoi qu’il en soit, le dynamique jeune homme n’a pas eu peur de se lancer dans ce nouveau défi. Mais sans le covid, pas certain qu’il en serait là aujourd’hui. « C’est quelque chose qui me touche de développer le commerce local, d’être en contact avec les producteurs, de vendre des produits qui me tiennent à cœur. Mais moi j’étais vraiment sur ma lancée dans les événements. J’allais vraiment dans une direction et le covid a cassé ça. Ça m’a réorienté », raconte-t-il.

Les idées pour le développement de ce projet pullulent et devraient permettre à Romain Fourrey et son associé de faire grandir Bim Bam Belge.

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