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CADI, quand les acteurs locaux prennent leur caddie en main

12 juillet 2021
par  Catherine Vandenbroucke
( Demain, après le virus... , Presse écrite )

Une Chaîne Alimentaire Durable Intégrée (CADI) en Entre-Sambre-et-Meuse. Ou comment sept acteurs de terrain complémentaires s’attèlent au développement de l’offre et de la demande de produits alimentaires locaux, à l’échelle des treize communes du territoire.

Voilà un projet qui part du terrain et compte bien y rester. Objectif : relocaliser l’alimentation et rassembler les citoyens sur leur territoire, autour du contenu de leur assiette. Un projet piloté par trois structures déjà actives en matière de relocalisation de l’alimentation : le Parc naturel Viroin-Hermeton, la coopérative La Botte paysanne et la Fondation Chimay-Wartoise. Accompagnés par quatre autres acteurs de terrain : la coopérative Coopesem, la coopérative Bio de la Botte, Chimay-Gestion et le Codef. Comment ces sept acteurs vont-ils s’y prendre pour développer l’offre et la demande de produits alimentaires locaux ?

13 communes de l’Entre-Sambre-et-Meuse :

Beaumont – Chimay – Froidchapelle – Momignies – Sivry-Rance – Cerfontaine – Couvin – Doische – Florennes – Mettet – Philippeville – Viroinval – Walcourt

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© La Ferme du Tchapia à Presgaux
© Ferme du Tchapia

Sensibiliser à l’alimentation durable, la rendre accessible

Créer du lien entre les producteurs et les consommateurs, citoyens, collectivités, acteurs de l’HoReCa, est un enjeu de taille. Et cela passe par la sensibilisation. Avec pour objectif de rendre les produits locaux accessibles au plus grand nombre, y compris pour les ménages à faibles revenus. Pour atteindre cet objectif, une nécessité : augmenter le volume de l’offre et la diversifier. Comment ? En augmentant le nombre de points de vente et de retraits de produits locaux. En travaillant avec les collectivités et les épiceries sociales. Favoriser l’accès à l’alimentation locale et de saison, dans tous les pans de la société. Mais pour cela il faut que la production soit en mesure de répondre aux besoins.

D’où l’importance d’accompagner les producteurs dans une démarche de diversification et de multiplication des infrastructres. Les partenaires de CADI entendent bien favoriser l’installation de nouvelles exploitations et comptent pour cela sur plusieurs outils : mise à disposition de terres pour le démarrage, développement des fermes-écoles, mise en œuvre d’espaces-tests agricoles…

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Cyrille Guiot, maraîcher, fruiticulteur et transformateur d’avenirs, et Catherine Tellier, coopérative La Botte Paysanne
© CVdB

Formation et transmission

La formation joue un rôle également. Une nouvelle filière est en co-construction avec les producteurs au Codef, à Olloy-sur-Viroin. Il s’agira d’une formation en maraîchage et à la transformation de produits. L’objectif est qu’elle colle le plus possible au besoin de main-d’œuvre des producteurs. Elle fournira notamment des candidats au groupement d’employeurs agricoles à développer en parallèle. Voilà qui peut enclencher une dynamique créatrice d’emplois pour la région.

En favorisant le développement des fermes-écoles, les partenaires de CADI espèrent contribuer à une transmission plus en douceur des exploitations. Le principe : l’immersion, partager la vie du paysan, comprendre le travail de la terre, affiner son projet, se projeter en tant qu’exploitant agricole, apprendre les techniques et les ficelles du métier. Faire connaissance, aussi, dans le cas où la volonté de reprendre l’exploitation se confirme. Ou alors, mieux cerner son propre projet à développer ailleurs.

Deux fermes-écoles fonctionnent déjà très bien sur le territoire, à Stave (Mettet), à l’Ortie-culture, pépinière comestible de Marie Albert, et à Macon (Momignies), à la ferme du Pré aux Chênes, chez Philippe Genet, paysan-boulanger.

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Philippe Chèvremont et Mélanie Barbaresch, Fondation Chimay-Wartoise et, au centre, Catherine Massart, Coopesem
© CVdB

Outils logistiques et transformation

Pour permettre le plein épanouissement des différentes filières (fruits et légumes, viande, céréales…), la mutualisation des outils logistiques est indispensable. Que ce soit le camion réfrigéré, une légumerie ou bocalerie, un petit abattoir, des ateliers de transformation. Tout est à réinventer, avec pour base de réflexion des exploitations à taille humaine.

Maillage du territoire

Il existe déjà de nombreuses initiatives sur le territoire de l’Entre-Sambre-et-Meuse. CADI entend bien servir de liant. Permettre à chacun de poursuivre son action, avec des outils à disposition pour la pérenniser ou lui donner de l’ampleur. Une cartographie des actions existantes est en cours afin d’avoir une vision globale et réaliste de la situation.

Dans le même esprit, un Conseil politique alimentaire (CPA) sera mis en place. Il rassemblera des producteurs, des consommateurs, des acteurs publics et privés du territoire. Son rôle sera d’animer un écosystème alimentaire en lien direct avec son territoire et connecté avec les autres projets similaires ailleurs en Wallonie.

Globalement, CADI vise à valoriser les atouts de la région en concertation avec les acteurs de terrain. En les accompagnant pour structurer l’offre et la demande, ce projet qui agit sur différents axes mettra en place l’infrastructure nécessaire à l’appropriation par le secteur des outils utiles au développement et à la professionnalisation des filières, au bénéfice de toute la population.

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