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A vos masques, prêts, partez !

27 août 2020
par  Nicolas Gimenne
( Le virus du sport , Presse écrite )

La pandémie mondiale a bouleversé les habitudes de tous les sportifs. Pour répondre à leur soif de compétition, plusieurs organisateurs ont su s’adapter à la crise pour proposer des épreuves avec des formats originaux. C’est notamment le cas du Trail des Fantômes à la Roche-en-Ardenne ou de l’Oisans Trail Tour à l’Alpe d’Huez. Deux courses où les participants ont découvert les joies de la course munis d’un masque de protection obligatoire.

Dans le petit monde de la course à pied, comme dans d’autres disciplines, les sportifs ont mal vécu le confinement lié au Coronavirus et l’obligation de faire une croix sur les compétitions sportives. Bien des organisateurs se sont arraché les cheveux à l’idée de reporter leurs épreuves ou à consentir à les annuler. Mais à l’approche de l’été et d’une éclaircie dans les statistiques européennes de la pandémie, certains précurseurs ont eu l’idée d’adapter leurs événements pour qu’ils puissent se dérouler dans des conditions conformes aux recommandations sanitaires.

Sportevents, organisateur de nombreux trails et triathlons en Belgique, ne pouvait faire une croix sur l’épreuve la plus ancienne dans son panel d’événements. Le Trail des Fantômes devait initialement se tenir le 15 août à La Roche-en-Ardenne. Si cet organisateur avait déjà annulé bon nombre de ses programmations, il tenait néanmoins à tester un format original pour sa "classique".

Pour cette course au bord de l’Ourthe, plus de départ groupé à une seule date mais des départs individuels répartis sur vingt-trois journées de calendrier. Les normes à respecter sont strictes mais acceptées par les participants. La principale est de porter un masque de protection dans les zones de départ et d’arrivée.

"Après avoir consulté la commune, l’office du tourisme et les gardes forestiers, nous étions convaincus de pouvoir offrir aux participants une expérience fantastique et sans risque, indique l’organisateur. C’est un nouveau concept qui a nécessité quelques adaptations. Ces meures signifient une expérience légèrement différente mais l’essentiel demeure : courir sur des chemins de trail à travers une nature magnifique."

Le résultat est à la hauteur des espoirs et, avec plus de 2500 inscrits, l’organisation explose son record de participations. Côté course, courir seul n’offre pas la même intensité de compétition que courir en peloton. Mais le pari est réussi car tous les ingrédients sont là pour vivre une vraie course. Des chemins étroits, des sentiers tortueux, des descentes techniques, des montées à la corde et même des franchissements de rivière. Un succès tel que le format a déjà été adopté par d’autres organisateurs...

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© Nicolas Gimenne
Un autre précurseur en France

En France, le cap du 15 juillet franchi, c’est l’Oisans Trail Tour, disputé au départ de l’Alpe d’Huez, qui rend le sourire à près de 800 traileurs impatients d’en découdre sur les sentiers de montagne et de retrouver l’adrénaline de la course.
Idée Alpes fait figure de précurseur avec cette première organisation "post-covid" dans l’hexagone. L’organisation est surveillée par les autorités préfectorales et attentivement scrutée par d’autres organisateurs. L’événement est particulièrement attendu des traileurs, confinés trop longtemps avant de retrouver la joie d’afficher un dossard. Le vendredi soir déjà, ils posent pour la photo devant le portique de l’organisation, numéro en main, pour faire un pied de nez à ce virus dévastateur. Mais le plaisir de se trouver au départ n’est pas sans sacrifier à quelques impératifs.
"Nous sommes surpris du succès rencontré par la course qui réalise son record de participations, indique l’organisateur au moment du feu vert. Nous y avons cru jusqu’au bout malgré les contraintes liées aux mesures sanitaires. L’Oisans Trail Tour est une épreuve test dans la région. Elle est très attendue des traileurs après autant de semaines d’inactivités."

Lors du retrait des dossards, il est interdit de se trouver sur le site de l’événement sans être porteur d’un masque de protection. Les bénévoles veillent au respect de la procédure, gel hydroalcoolique en mains. Au départ des trois courses, les participants sont dirigés vers des sas et libérés par vagues de 50. Le port du masque est strictement d’application sur les premières dizaines de mètres. Il est impossible d’y déroger.

A l’arrivée, de nouvelles mesures de protection attendent les participants, avec une zone de ravitaillement très surveillée. Interdiction de se servir sur les tables ! Obligation de disposer de son propre gobelet pour boire. L’organisateur a même prévu uniquement des denrées emballées pour restaurer les "finisher".

C’est à ce prix que les passionnés peuvent arpenter en course les superbes paysages de l’Oisans. Pour un "ultra" de 87 kilomètres sillonnant notamment le Plateau d’Emparis, pour un 42 kilomètres du côté des lacs d’altitude ou pour une épreuve découverte de 12 kilomètres sur des sentiers en balcon et une pente éprouvante entre Oz-en-Oisans et l’Alpe d’Huez.

Outre l’arrivée à l’Alpe d’Huez, il y a chez tous ces coureurs la joie de franchir à nouveau une ligne, le plaisir d’afficher son nom sur un classement et les larmes provoquées par la sensation d’avoir survécu au virus. L’émotion est intense. Poignante.

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